Je travaille pour et dans un
système d'éducation publique, Maternelle à 12e année. Comme toute organisation publique, il importe de préciser des paramètres entourant le fonctionnement de cet écosystème; c'est ce qu'on appel avoir des politiques.
Selon le Grand Dictionnaire, une politique est un "
ensemble de principes généraux indiquant la ligne de conduite adoptée par une organisation privée ou publique, dans un secteur donné, et qui guident l'action ou la réflexion dans la gestion de ses activités. "
Or, voici que notre organisation s'attaque à la révision, ou plutôt l'actualisation, de la
politique existante entourant l'utilisation d'Internet pour des fins d'enseignement et d'apprentissage, la 311 pour les habitués. Enfin! L'évolution fulgurante de la réalité de l'Internet d'aujourd'hui faisait en sorte que la version fin années '90 ne faisait plus du tout l'affaire.
Je vous épargne ici tout le processus interne, ce n'est pas l'intention de ce billet. Ce que je veux partager ici, ce sont des idées et des réflexions que j'ai eues, avec une collègue, proposées aux décideurs qui verront à l'élaboration d'une politique qui, je l'espère "
guide l'action et la réflexion".
· Il est évident qu’une politique a comme fonction première de fixer des paramètres et de fixer un cadre touchant telle ou telle question. Il est de la responsabilité du Ministère de préciser ce qui constitue un usage approprié ou non, dans ce cas-ci, des TIC. Nous comprenons et acceptons cette responsabilité partagée.
· Nous trouvons cependant que l’ébauche est rédigée dans un style NÉGATIF et RESTRICTIF («
Users shall not », partout) et qu’il serait avantageux de la rédiger dans un style plus positif. Il n’y a qu’à la partie 5.1 où on lit 4-5 lignes seulement qui disent en quoi l’usage des TIC est bénéfique. TROP PEU, selon moi.
· Voici quelques suggestions de ce qui pourrait y être ajouté afin de faire comprendre aux acteurs de la place que peuvent occuper les TIC en enseignement/apprentissage:
1.
Recherche d’informations crédibles – Quelque chose comme « L’Internet est devenu aujourd’hui une source majeure d’informations. Les intervenants qui s’y tournent pour trouver une information d’appoint doivent faire part de discernement et de jugement critique quant à la véracité de l’information retrouvée et la pertinence de celle-ci au niveau de l’enseignement ou de l’apprentissage. »
2.
Usage d’applications web – Quelque chose comme « L’avènement du Web participatif (communément référé comme le web 2.0) a permis l’essor d’innombrables applications Web permettant l’exécution d’une grande variété d’opérations. Un usage pertinent de ces outils de travail doit se faire dans le cadre des paramètres de cette politique et à des fins d’enseignement et d’apprentissage. »
3.
Impact des réseaux sociaux – Quelque chose comme « La participation à différents réseaux sociaux sur Internet doit fait appel à du jugement critique de la part des intervenants scolaires, tout en évaluant l’apport de cette participation aux apprentissages à réaliser. » Celle-ci doit se faire judicieusement et doit assurer la protection de l’enfant et de son identité personnelle avec le monde extérieur du système scolaire.
4.
Protection de l’identité numérique – Quelque chose comme « L’élève qui utilise l’Internet doit être conscient de l’importance de se protéger adéquatement face à son identité et habileté à poser les gestes adéquats en ce sens. »
5.
Respect de la propriété intellectuelle – Quelque chose comme « L’exploitation des ressources de l’Internet permet aussi à l’élève et au personnel éducatif de comprendre et de respecter les ramifications de la notion de propriété intellectuelle. Le respect du droit d’auteur, du droit commercial, ainsi que l’exploitation appropriée d’outils tels Creative Commons contribueront à l’apprentissage des élèves et des éducateurs sur cet aspect clé de l’usage d’Internet. »
6.
Responsabilité partagée – Quelque chose comme « Il en revient à chaque enseignant, à chaque direction d’école, à chaque district et à chaque agent du MÉNB de savoir poser un regard critique et proactif à l’égard d’un usage approprié de l’Internet et de ses outils. Cette responsabilité est partagée et non seulement l’affaire des responsables des réseaux informatique. » Tous les utilisateurs et intervenants scolaires doivent utiliser les TIC de façon judicieuse et responsable et s’assurer que leurs empreintes numériques correspondent aux valeurs et à la mission de l’éducation publique.
· Une politique doit faire transcender la vision du ministère face aux TIC en apprentissage, aux yeux de toute la population. Il est AUSSI de notre devoir d’y inclure (de façon claire et succincte, nous en convenons) des principes de base auxquels nous, les éducateurs croyons essentiels à être compris et assumés par les intervenants (élèves, enseignants, parents, direction, district, responsables informatique, etc.).
Voilà, comme dirait Warlick, mon
2 cents worth...